ACTUALITÉS

  • «Amazing Grace» de John Newton, l’occasion de se rappeler de l’œuvre de la grâce dans chacune de nos vies!

    «Amazing Grace» de John Newton, l’occasion de se rappeler de l’œuvre de la grâce dans chacune de nos vies!

    La publication en français de la « biographie dramatisée » de John Newton, l’esclavagiste anglais du XVIIe, « Amazing Grace. La vie de John Newton et la captivante histoire derrière le cantique » (1) est l’occasion pour Serge Carrel d’une prédication. Inspirée par le livre de Bruce Hindmarsh et Graig Borlase, cette prédication souligne « quatre grandes vérités » en lien avec ce trafiquant d’esclaves qui a contribué à déporter, en tant que capitaine ou vice-capitaine de navire, près de 500 Africains dans le cadre de la traite transatlantique.

    jeudi 12 février 2026
  • 1er mars: une journée avec Timothée Joset autour de son livre « Dieu, mes études et moi »

    1er mars: une journée avec Timothée Joset autour de son livre « Dieu, mes études et moi »

    Le dimanche 1er mars, les Groupes bibliques des écoles et des universités (GBEU), l’Église évangélique de la Pélisserie à Genève et le FREE COLLEGE organisent une journée de réflexion autour du livre « Dieu, mes études et moi ». Son auteur, Timothée Joset, animera la journée avec d’autres représentants des GBEU.

    mardi 10 février 2026
  • 1er février : une journée avec Frédéric de Coninck sur le Sermon sur la montagne

    1er février : une journée avec Frédéric de Coninck sur le Sermon sur la montagne

    Dimanche 1er février 2026, l’Église évangélique de la Pélisserie à Genève et le FREE COLLEGE accueillent Frédéric de Coninck. Ce sociologue et ingénieur animera une journée de réflexion autour du Sermon sur la montagne, source d’inspiration pour vivre la foi chrétienne de manière engagée, au cœur des défis de notre temps.

    jeudi 15 janvier 2026
  • Henry Dunant: un «artisan de paix» plus que jamais d’actualité dans un monde de prédateurs!

    Henry Dunant: un «artisan de paix» plus que jamais d’actualité dans un monde de prédateurs!

    Le dimanche 30 novembre, un spectacle proposé à l’Eglise évangélique de la Pélisserie a permis d’organiser une journée autour de Henry Dunant (1828-1910), fondateur de la Croix-Rouge et premier Prix Noble de la paix en 1901. Serge Carrel, pasteur dans l’Eglise évangélique de la Pélisserie et animateur du FREE COLLEGE, a donné cette prédication lors du culte de cette journée spéciale.

    lundi 01 décembre 2025
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Olivier Favre : « A l’ère de l’ego, les évangéliques offrent du religieux plus compétitif ! » (avec vidéo)

mercredi 13 février 2013
Il est l’un des coauteurs du livre Le phénomène évangélique. Analyses d’un milieu compétitif. Pasteur au Centre de vie à Neuchâtel, Olivier Favre indique ici ce que sa formation de sociologue apporte à son engagement dans l’Eglise.
Vos enquêtes sociologiques vous donnent-elles certaines clés pour conduire l’Eglise dans laquelle vous êtes pasteur ?
Olivier Favre — La sociologie est censée donner des clés d’interprétation quel que soit le sujet que l’on travaille. C’est aussi vrai dans le domaine religieux. Dans le livre Le phénomène évangélique, la conversion est un thème qui nous a intéressés parce que les évangéliques insistent beaucoup là-dessus. Souvent les évangéliques ont une conception de la conversion à la Saul de Tarse qui devient Paul, à la saint Augustin ou à la Martin Luther… Une conversion qui serait radicale et spontanée. Ce que nous avons pu observer à partir des interviews et des questionnaires que nous avons récoltés, c’est que la grande majorité des évangéliques se démarque d’un tel cliché. Parfois même avec gêne ! On nous dit : « Moi, je n’ai pas vécu ma conversion de cette manière-là. Ma conversion a été progressive. Bien réelle, elle est difficile à déterminer dans le temps de manière précise. »
De tels résultats sont intéressants pour la vie d’Eglise. Ils permettent de ne pas en rester aux clichés, de ne pas s’attendre, dans la société d’aujourd’hui, à des changements de vie instantanés, mais d’admettre que la découverte de la foi chrétienne puisse prendre un certain temps et être évolutive. Souvent, les gens n’ont pas de racines judéo-chrétiennes fortes. Il serait donc étonnant qu’ils vivent une conversion en l’espace d’une heure ou d’une journée. Il est clair que cela peut exister, mais ce n’est pas la norme.

Dans votre livre, vous mettez en avant le côté très compétitif du milieu évangélique et de sa capacité à offrir une série de « biens religieux » en adéquation avec la demande des gens aujourd’hui. Une telle découverte vous a-t-elle conduit à diversifier davantage l’offre de votre Eglise ?
Les termes de « compétition », « marcher religieux », « biens religieux »… sont des termes sociologiques inspirés du monde économique. Ce que l’on essaie de dire avec ce langage, c’est qu’en fait dans notre société les institutions religieuses et la pratique sont en concurrence avec d’autres activités, avec le monde du divertissement ou le sport. Aujourd’hui, on n’est plus chrétien de père en fils, de génération en génération. Tout est remis en cause. A partir de là, on peut effectivement penser qu’un mouvement religieux est en situation de concurrence avec d’autres offres. Non pas une concurrence par rapport à d’autres Eglises ou d’autres offres religieuses, mais en concurrence avec le monde du divertissement.
Les évangéliques sont à mon avis assez bons dans ce domaine, parce qu’ils proposent des célébrations dynamiques et vivantes. Certains diront même que le culte du dimanche devrait être le moment le plus fort de la semaine.
Dans le cadre du Centre de vie, nous nous sommes donné quelques moyens : une salle attractive, des manières de communiquer qui soient les plus pertinentes possible… Nous sommes en chemin et la vie spirituelle ne se résume pas à des formes extérieures, mais les formes extérieures ont leur rôle à jouer. Les ignorer, c’est déjà une décision !

Le phénomène évangélique relève que les milieux les plus compétitifs au sein des Eglises évangéliques sont ceux qui arrivent à répondre au mieux aux besoins de nos contemporains qui vivent dans « l’ère de l’ego ». N’êtes-vous pas gêné de penser que les charismatiques aujourd’hui répondent au mieux aux besoins de l’ego ?
C’est évidemment complètement paradoxal parce que dans un sens la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ nous décentre de nous-mêmes. Ceci étant, Jésus guérissait les malades, délivrait les démoniaques… Il répondait ainsi aux besoins très personnels des gens de son époque, tout en annonçant son message. De la même façon, les individus d’aujourd’hui ont des besoins très personnels un peu moins liés à des questions de santé ou d’intégrité physique, mais néanmoins très présents. Prenons la question de la crise d’identité que nous connaissons. C’est un fait de société du XXIe siècle absolument indiscutable… L’individu compose son identité lui-même et a bien de la peine à le faire dans une société plurielle et pluraliste. Dans une société où tout est possible, où tout est permis, il n’est pas évident de savoir qui on est. Par rapport à cela, le message évangélique dit que chacun a de la valeur, que Dieu aime chaque individu, et que cet amour peut être senti, perçu et expérimenté. A cette soif d’expérimentation qui est aussi un trait de la postmodernité, les évangéliques tentent de répondre. A mon sens, ils le font avec un certain succès, mais aussi avec toutes les limites que cela implique, parce que le ressenti est par essence éphémère. Là, les évangéliques pourraient avoir un point faible. Ils le compensent par un enseignement et par une dimension plus structurelle.

A « l’ère de l’ego », les évangéliques surprennent d’abord par les valeurs individuelles autour de la sphère familiale. Cette impression suggère qu’il n’y a pas de véritable projet de société parmi les évangéliques. Partagez-vous cet avis-là ?
Dans notre ouvrage, nous nous sommes concentrés sur les individus. C’est la force de notre travail et c’est aussi sa faiblesse ! Faute de moyens et de temps, nous nous sommes beaucoup moins intéressés aux organisations évangéliques et aux institutions. De fait, les évangéliques animent diverses associations. J’ai mené une petite enquête sur le canton de Neuchâtel et j’ai découvert 40 associations actives au niveau social… C’est certainement vrai pour d’autres cantons suisses. Les évangéliques sont très actifs dans ces domaines-là et pas forcément avec des visées missionnaires ou prosélytes, mais simplement dans l’idée d’exprimer la compassion chrétienne. C’est un volet qu’il s’agirait encore d’étudier ; il n’est pas connu mais néanmoins réel. A mon sens, beaucoup d’organisations ou d’institutions caritatives ou sociales sont en mains évangéliques, en tout cas inspirées par des valeurs évangéliques.
Propos recueillis par Serge Carrel

Jörg Stolz, Olivier Favre, Caroline Gachet, Emmanuelle Buchard, Le phénomène évangélique, Analyses d’un milieu compétitif, Genève, Labor et Fides, 2013, 340 p.

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